PODCASTZAP : Réelles avec Charles Pépin
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L’écrivain philosophe Charles Pépin maîtrise l’art d’expliquer de manière simple les choses complexes. Confiance en soi, gestion de l’échec, mutations du capitalisme pour libérer l’entreprise, #metoo sont les thèmes abordés de manière accessible par cet esprit à la fois brillant et humble. Un podcast incontournable si vous êtes sous pression face aux injonctions sociales et pour réfléchir aux tendances de l’époque.

Lien vers l’épisode

Pourquoi écouter cet épisode de Réelles

Si je devais établir un podium des épisodes écoutés depuis le démarrage de Podcastzap, nul doute que celui-ci serait sur le podium. Un bon podcast se doit d’être éclairant, instructif, captivant et inviter à réfléchir sur soi ou sur le monde actuel. Cet épisode de Réelles coche toutes ces cases. Expliquer de manière simple le lien de la peur de l’échec avec l’angoisse de la mort n’est pas donné à tout le monde. Dénoncer les injonctions permanentes à la pensée positive autocentrée sur soi-même en ignorant son rapport aux autres m’a paru intelligent au regard du nombre de podcasts écoutés sur la question.

Charles Pépin nous offre un festival de réflexions pertinentes sur des sujets majeurs. Il décortique de manière lumineuse les crises de vie qui ne sont selon lui qu’une expression d’une infidélité à son désir profond masqué par les succès de sa volonté portée par la pression sociale. Il nous alerte sur le fait de prendre son temps pour ne pas rebondir trop vite après un échec car c’est une opportunité de comprendre ce qui compte vraiment pour chacun de nous. Sa lecture du mouvement #metoo vaut également le détour. La domination masculine serait l’expression d’une jalousie remontant à la préhistoire de l’homme face à la puissance féminine qui seule permet la survie de l’espèce humaine. Intéressant, non ?

Vous l’aurez compris, vous allez écouter 45 minutes de haute volée qui vont passer très vite. N’hésitez pas à prendre le temps pour apprécier ce podcast. Je parie même que vous risquez de le réécouter plusieurs fois.

Bonne écoute

Verbatim

A propos de la confiance en soi

Apprivoiser l’idée de la mort donne confiance. Tout ce qui nous fait peur, que ce soit la peur d’être quitté, de ne pas être à la hauteur, de rater une prise de parole, sont autant de manières décalées d’avoir peur de la mort.

On a l’impression qu’on va être mis à mort. Cette angoisse de mort vient nous créer de l’angoisse. Si on arrive à y penser, à comprendre que ça donne à la vie son intensité et sa beauté et à ne pas refouler cette idée, on se confronte à ce qu’il y a de plus angoissant et on se sent fort d’y arriver et on prend confiance.

A propos de la pensée positive

Il faut faire la part des choses entre être positif dans la lucidité intelligente et être positif dans le déni et l’autosuggestion permanente.

L’image du verre à moitié plein ou à moitié vide envoie les gens dans le mur. Il s’agit de comprendre que dans la vie il y a du plein et d vide, que quand on tente c’est normal de rater et qu’il faut accueillir le vide et le plein.

Ce n’est pas en m’auto-persuadant que je suis super que je vais avoir confiance en moi mais en rencontrant les bonnes personnes qui vont m’aimer et me soutenir.

Ce qui met en confiance, c’est de savoir accepter son échec. On est plus libéré en étant lucide sur ce qui est sombre. Les êtres humains ont besoin qu’on soit lucide et honnête sur la complexité des choses.

J’ai un discours honnête avec mes élèves en leur disant qu’ils peuvent se planter. La vie c’est l’imprévu. J’observe qu’ils sont flattés que je présuppose qu’ils vont avoir la force d’assumer l’imprévu.

La justice est un fantasme humain. Le réel n’est pas juste. La véritable confiance dans la vie, c’est l’autre nom de la lucidité.

A propos des crises de vie

Lorsqu’on est en crise sans raison objective apparente, c’est qu’on a été infidèle à soi. On a été diverti de son véritable désir et on a enchainé les succès de la volonté sans être dans l’écoute de son désir.

La dépression de milieu de vie a pour fonction de nous montrer l’écart entre les succès de notre volonté et la fidélité à notre désir.

La confiance en soi, c’est savoir s’écouter. Ceux qui craquent sont ceux qui ne s’écoutent pas ou écoutent uniquement les injonctions sociales. La crise est une chance pour eux de retrouver une confiance en s’écoutant.

A propos de la gestion de l’échec

Comprendre un échec prend du temps. A vouloir rebondir trop vite, on peut rater son rebond. L’échec peut nous souffler de persévérer, soit de changer de voie, soit que c’est un acte manqué pour écouter son désir ou que c’est un test pour trouver ce à quoi on aspire.

Se dire qu’est-ce qu’on va faire plutôt que qu’est-ce qu’on est après un succès ou un échec est la clé.

C’est mieux de se dire c’est mon échec quand ce n’est pas le cas que de se dire c’est pas mon échec alors que c’est le cas. Le sentiment d’injustice est désagréable et ne sert à rien.

Il faut se manger son sentiment d’échec. L’échec nous offre la chance de se demander ce qui compte pour soi.

Il faut dissocier l’échec de sa personne et l’échec de son projet.

A propos de #metoo

Je suis allergique aux mouvements grégaires. Quand un truc s’emballe et que tout le monde s’y associe, cela ne me plaît pas.

La domination des hommes sur les femmes me pose question philosophiquement. Au fond de la domination masculine, il y a une jalousie de l’homme à l’égard de la puissance du féminin. Il est dépendant de la femme pour assurer la survie. Cette jalousie remonte certainement à la préhistoire.

Respecter les femmes passe peut-être par le fait de ne pas se sentir obligé de coller à l’idéal viril. Le mouvement #metoo m’a aidé à me sentir co-responsable de tous ces abus des hommes sur les femmes.

Dans les entreprises, une femme va postuler quand elle a 130% des compétences et un homme seulement 70%. C’est scandaleux.

Le Podcast Réelles

Réelles donne la parole aux acteurs de l’économie positive, c’est-à-dire tous ceux et toutes celles qui pensent que l’humain et la préservation des générations futures doivent être au cœur de nos préoccupations. Estelle Abbou interroge des entrepreneurs, des médecins, des intellectuels qui aident à réfléchir sur comment agir dans nos actes quotidiens pour éviter les dérives du monde moderne et sur nos vies agitées. C’est sans langue de bois, intéressant et instructif. On découvre souvent des personnalités passionnantes qui donnent envie de se bouger.

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