PODCASTZAP : Miroir Miroir - La mode, je porte donc je suis.
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Montre-moi ce que tu portes, je te dirai qui tu es. La mode n’est pas simplement une affaire de créativité mais bien un miroir des tendances majeures politiques et culturelles qui régissent une société et son rapport au corps à travers les époques. Point de futilité, mais plutôt une certaine complexité dans les réflexions historiques et sociologiques évoquées à travers cet épisode. Elles méritent une écoute active et attentive.

Lien vers l’épisode

Pourquoi écouter cet épisode de Miroir Miroir

Alice Listcher est professeur à l’Institut Français de la Mode. Elle partage avec clarté ses points de vue sur ce qui va plus loin qu’une simple industrie. Il y a beaucoup de paramètres non explicites en dehors de la créativité qui influencent notre consommation et nos rapports aux vêtements. On exprime une infinité de ces paramètres à travers notre apparence : notre milieu d’origine, où l’on vit, d’où l’on vient etc…

Cet épisode aborde la place de la mode dans l’économie et les rapports sociaux ainsi que l’origine des canons de beauté axée sur la minceur depuis l’abandon du corset. C’est passionnant et tout sauf frivole. Comme le dit l’invitée, la mode n’est pas grossophobe mais majoritairophobe car elle se base toujours sur des critères de beauté qui sont par nature non représentatifs du plus grand nombre. Nous ne sommes pas tous des clones de Georges Clooney, Brad Pitt, Gisele Bündchen ou Cara Delevingne. Fort heureusement pour le genre humain ! L’invitée nous rappelle également à juste titre le caractère éminemment politique de notre rôle de consommateur.

Bonne écoute

Verbatim

On a un pouvoir très actif sur la définition de son identité à travers notre apparence.

Aujourd’hui, on dépense entre un tiers et la moitié de nos revenus pour le logement. A une époque, c’était pour des vêtements. C’est éclairant pour comprendre l’importance du vêtement aujourd’hui.

Pendant longtemps, il n’y avait pas de carte d’identité et la définition d’une identité était l’apparence. Cet héritage perdure d’une certaine manière.

Il existe une loi qui interdisait aux femmes de porter un pantalon. Techniquement, d’après certaines recherches, cette loi n’a pas été abrogée même si elle peut aujourd’hui être qualifiée de désuète.

Il faut prendre la mode très au sérieux car elle est le signe des rôles joués par chacun dans la société. Elle a le pouvoir magique de déplacer les normes et les frontières entre ce qui est permis ou non, ce qui est bien ou ce qui n’est pas bien.

On a un pouvoir sur notre apparence. En tant que consommateur, on a une influence énorme sur qui a le pouvoir. Il n’y a pas de consommation neutre. Elle est par essence politique et donne le pouvoir à une marque ou à un lieu.

La différenciation des vêtements entre les hommes et les femmes date du 13ièmesiècle.

Les vêtements contrôlent le corps. La question est de savoir qui contrôle le corps.

Les médias sont un miroir des positions des individus dans la société. La presse a été un outil de libération pour les femmes avec un accès au monde et à des points de vue différents. Les magazines féminins ont contribué à l’émancipation des femmes.

La société capitaliste a imposé des manières de faire dont les magazines se sont fait l’écho.

Le capitalisme fonctionne sur la consommation. Il faut trouver des outils marketing pour influencer la consommation et faire entrer l’argent dans les caisses.

Les consommateurs peuvent être victimes de ces logiques de marché avec des conséquences psychologiques (névroses, mal-être, etc…).

On ne peut pas arrêter de consommer des vêtements mais on peut essayer de consommer différemment.

A propos de la beauté

Il y a une définition de la beauté qui est antinomique avec la réalité de l’apparence des individus. La beauté, c’est ce qui est rare. La recherche de la beauté définit une partie minime de la population comme une norme. Il y a une action de minoration sur la majorité des gens sur le sujet du corps.

Le corps idéal est toujours celui qui est difficile à atteindre. Ce qui est rare est cher et beau et donc accessible aux gens les plus riches. Ce sont des syllogismes culturels occidentaux.

Le système de la mode favorise un regard riche et centré sur les corps.

La mode est majoritairophobe : ce qui concerne le plus grand monde ne correspond pas à la mode.

Quand on a libéré la femme du corset, on lui a imposé en échange la minceur.Depuis le rapport des femmes à la minceur est compliqué car on leur demande de faire le travail qu’un appareil faisait avant.

Ce corset est présent mentalement et dans les attentes de la société.

Le Podcast Miroir Miroir

Produit par Binge Audio, Miroir Miroir s’intéresse aux représentations de la beauté, du corps et des normes dans les médias, à travers la société ou sur les réseaux sociaux. Avec ses invité(e)s, Jennifer Padjami s’interroge sur la pertinence et l’influence des principaux canons attachés à la beauté, aux races ou aux préférences sexuelles et sur les moyens de contourner ou déconstruire les injonctions.

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