podcast Marie Ekeland
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Vous cherchez à comprendre le rôle de la finance dans la transition vers un monde plus responsable. Alors ne ratez pas les propos de Marie Ekeland au micro du podcast GDIY. Un épisode pour envisager autrement le financement de l’économie et le développement du numérique au service de l’humanité.

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Pourquoi écouter cet épisode

Parce que le parcours de Marie Ekeland est la preuve qu’il n’est pas nécessaire de sortir des grandes écoles pour réussir.

Parce que sa démarche intellectuelle évoquée à travers cet épisode paraît pleine de bon sens.

Pour comprendre que la finance n’est peut-être pas un ennemi à diaboliser et que le futur se conjuguera avec des nouveaux paradigmes.

Pour comprendre qu’on peut avoir 45 ans ou plus et être en phase avec les aspirations des jeunes générations tout en apportant une expérience indispensable.

Parce que les costume trois pièces d’hier ou les doudounes sans manches et baskets Veja d’aujourd’hui ne font pas le moine. Bref, il ne faut pas toujours se fier aux apparences.

Parce qu’une fois encore, c’est un sacré épisode que nous offre Mathieu Stéfani.

À l’heure où les fonds rivalisent d’acronymes barbares (ESG, ISR) pour nous parler d’investissement responsable ou d’investissement éthique, les réflexions teintées de bon sens de Marie EKELAND au micro du podcast GDIY de Mathieu Stéfani méritent plus que jamais d’être entendus. Et croyez-moi, Marie, en matière de financement d’économie, elle en connaît un rayon après avoir roulé sa bosse pendant plus de 20 ans dans l’univers du capital-risque.

Alors pour entendre parler de finance autrement, c’est par ici que ça se passe.

Marie est peut-être rêveuse et utopiste mais une chose est certaine: compte tenu de son passé et de son expérience, elle aura sans nulle doute les moyens de ses ambitions. Affaire à suivre


Quelques mots sur Marie Ekeland

Après des études de mathématiques et d’informatique, Marie a commencé comme codeuse chez JP Morgan à Vancouver, New York puis Paris.  Très vite, le contact des traders ne la satisfait pas et elle change d’orientation. Après un DEA d’économie, elle a l’opportunité de rentrer dans le secteur du capital-risque grâce à son double profil finance-techno. Depuis une vingtaine d’années, Marie à participé au financement d’entreprises majeures du numérique comme Criteo, Parrot, Showroomprivé. Elle vient de lancer un nouveau fonds nommé 2050.

Retrouvez tout le détail de son parcours dans cet article des ÉCHOS


Les éléments à retenir de ce podcast avec Marie Ekeland

À propos de son cursus académique 

Je suis à la fois matheuse et informaticienne. Mon savoir-faire, c’est de modéliser les problèmes. Si t’arrive à mettre tout le monde d’accord sur le problème à résoudre et à dérouler un raisonnement, c’est plus simple d’arriver à une solution et des décisions. L’informatique m’a aidé à être dans l’action sans avoir peur de me tromper. J’ai appris à itérer, à tenter pour voir ce qui marche ou non puis corriger le tir.

Cette double compétence lui donne une lecture exhaustive et pleine d’empathie. Ayant fréquenté le meilleur lycée de France, elle a refusé un parcours tout tracé classe prépa et grandes écoles afin de rester ancrée dans la vie réelle.

Je ne voulais pas être dans un système où on mesure les gens uns par rapport aux autres avec un monde de la compétition extrême. J’ai besoin de faire des choses avec les gens. Mon énergie vitale vient de là et d’une curiosité qui ne repose pas uniquement sur un aspect hors-sol.

Écrire des e-mails sans fautes est la preuve qu’on est capable d’intégrer des apprentissages. C’est une forme d’intelligence parmi d’autres. L’empathie, par exemple est une autre forme d’intelligence. On a tendance à survaloriser l’intelligence scolaire où on régurgite un savoir qu’on a appris sans l’avoir adapté à ce qu’on veut être. En voulant reproduire des codes sociaux, on n’exprime pas réellement qui on est.

 

La prise de risque d’un fond vs le risque de l’entrepreneur

 

Ça ne change pas la donne pour un fonds de perdre sa mise car il diversifie son risque. Un entrepreneur, lui, est all-in avec son projet.

Quand tu fais ce métier, tu es en position de pouvoir. Il y a socialement et mécaniquement un décalage car tu es face à des gens qui sont en demande. Mon critère de décision est lié au projet mais aussi à la personnalité des porteurs de projets. J’ai besoin de savoir si on va pouvoir s’entendre. Sinon le temps passé sur le dossier ne sera pas utile. La principale décision que je fais en investissant, c’est une allocation de temps pour accompagner un projet. Si mon temps n’est pas utile, je n’y vais pas.

Si tu investis simplement avec l’idée de gagner de l’argent, tu rentres dans une zone de peur car tu as peur de perdre. Quand on est dans une dynamique plus ambitieuse pour changer les choses et transformer la société, on va chercher des nouvelles ressources en termes d’inventivité et de solution qui n’ont rien à voir.

Un bon pacte d’actionnaires est un pacte où les gens se reconnaissent. On prévoit souvent le pire alors qu’il faut optimiser les chances de succès.

 

Sa méthode pour résoudre des problèmes

 

L’usage du tableau blanc est un outil imparable pour casser la logique de confrontation dans les réunions. Se lever et poser le problème au tableau crée une dynamique de collaboration vers la résolution. Tout le monde met son énergie à cadrer ce dont on parle.

Ce que je sais faire, c’est penser jusqu’au bout pour identifier les meilleurs choix à prendre pour optimiser les chances d’arriver là où on veut aller.

Les gens ne déroulent pas les raisonnements car ils ont peur. Il faut accepter les options où la boite peut planter. L’éléphant à l’horizon n’est qu’un petit point et on a le temps de se préparer à ce qui va arriver. Mais si on ne veut pas le voir, il s’approche en courant et quand il est trop près pour réagir, il est trop tard.

 

Sa vision du futur

 

On est clairement en dépendance stratégique vis-à-vis des USA. Toutes les boites qui gèrent les paiements sont américaines. Toutes les infrastructures technologiques sur lesquelles on a bâti notre économie ne sont pas européennes. La situation actuelle de l’Europe est fragile sur le plan du numérique avec une situation géopolitique instable. On a pensé à une stratégie de d’indépendance énergétique ou alimentaire mais on n’a rien fait sur le numérique et ça commence à se voir.

L’économie de demain ne sera pas uniquement numérique. On vit une nouvelle vague de transformation transverse imposée par les individus qui sont en train de conscientiser des comportements en termes d’achat ou de consommation et de carrière professionnelle. Cette nouvelle vague rebat les cartes de quelles sont les entreprises qui seront les championnes de demain.

Je pense que nous sommes acteurs de notre futur et beaucoup de choses sont auto-réalisatrices. Le futur, c’est en partie ce qu’on veut qu’il soit et ce pour quoi on œuvre.

 

À propos des patterns classiques d’investissement

La finance c’est comme un algorithme de machine learning. J’ai des données historiques sur des performances passées et je vais prendre une décision qui me rapproche le plus des cas de réussite passée.

On choisit de préférence le cursus scolaire ou le track record des entrepreneurs comme facteurs limitant du risque ou on reproduit des recettes éprouvées.

En se concentrant sur des missions à forte ambition et la connexion humaine avec les dirigeants, Marie espère investir dans des entreprises différentes sans aucun finance market fit pour les accompagner jusqu’à ce qu’elles puissent démontrer factuellement leur qualité.

L’investissement doit intégrer les nouvelles complexités du monde et les nouvelles transformations. C’est pour cela qu’il faut s’entourer des gens qui viennent du monde de l’impact ou de la recherche.

En voulant un monde meilleur, on ne fixe pas un objectif commun partagé car on projette tous quelque chose de différent et on le pense en relatif par rapport au passé.

Il faut sortir de l’idée du « one size fits all. » Il faut embrasser sa singularité et trouver sa place.

Les entreprises qui auront intégré les limites de la planète et les nouvelles attentes des consommateurs et des talents seront les championnes de demain. La plupart de ces attentes sont inassouvies et il y a une opportunité incroyable de créer des alternatives de marché qui vont faire basculer les entreprises qui n’ont pas mué. Moi je veux financer ces champions de demain.

 


Pour aller plus loin

Si vous en voulez encore, je vous invite à suivre une conférence donnée par Marie Ekeland à l’Institut d’études avancées de Nantes. On y retrouve toutes ses réflexions sur la place de numérique dans l’économie et la société. Ce sont ces constats qui l’ont poussée à développer son fonds 2050.

Si vous voulez en savoir plus sur son nouveau fonds 2050 :

  • Un article de Madyness paru à l’occasion du lancement
  • Le site internet de 2050

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